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Long John Silver


Long John Silver
Scénario : Xavier Dorison
Dessin : Mathieu Lauffray
Genre : Aventure
Editeur : Dargaud
Série finie : non (4 tomes prévus)
Un coup de coeur de : popi


Fifteen men on a dead man’s chest
Yo! Ho! Ho! And a bottle of Rhum!

Drink and the Devil had done for the rest
Yo! Ho! Ho! And a bottle of Rhum!
 

Ça vous rappelle quelque chose ? Si c’est le cas, vous pouvez passez cette introduction de John Long Silver, sinon, laisser-moi éclairer votre lanterne…


The Sea Cook

En 1883 paru un livre qui va être à l’origine de notre perception actuelle, ainsi qu’à sa philosophie associée, du mot « pirate». Treasure Island / Lîle au Trésor (dont le titre original était The Sea Cook), par Robert Louis Stevenson, va marquer l’imaginaire de générations entières, jusqu’au récent succès de Pirates des Caraïbes au cinéma, qui rend hommage à l’œuvre plusieurs fois.
L’île au Trésor, c’est l’aventure avec un grand A, où l’on embarque avec le jeune Jim Howkins et un équipage au complet et plein de surprises, pour une quête dont on sait que tous ne reviendront pas.
Alors quid de Long John Silver ? C’est le cuisinier de l’expédition.

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Nous n’allons pas résumer L’île au Trésor, il faut l’avoir lu, vu ou entendu (j’ai expérimenté les livres audio en écoutant cette œuvre, et, si vous avez un bon niveau de compréhension orale en anglais, je vous recommande chaudement d’essayer, en plus c’est libre ! c.f. les liens en bas de page).
Sachez seulement pour ceux qui ne connaîtraient pas encore qu’il n’est pas obligatoire de connaître L’île au Trésor pour lire la bande dessinée Long John Silver (ce fut mon cas). En fait, la bédé est d’une telle qualité que sans s’en rendre compte on en vient irrémédiablement à vouloir en savoir plus sur ce fameux Long John.

Une nouvelle aventure

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L’histoire se déroule après les évènements de L’île au Trésor et reprend deux de ses personnages-clés, le docteur Livesey et Long John. Xavier Dorison prend le temps de poser son histoire, à la manière de R.L. Stevenson, ce qui nous donne un premier tome tome d’introduction où l’action se déroule sur la terre ferme, où les éléments de l’intrigue se mettent en place au fur et à mesure, ce qui permet justement aux novices de suivre aisément. Pour les initiés, ils pourront profiter d’une écriture soignée respectueuse de l’œuvre originale, et découvrir avec plaisir la nouvelle aventure concoctée par Dorison et Lauffray (c.f. l’interview plus bas).

Le scénario pourrait se résumer ainsi : Lady Vivian Hastings n’a plus de nouvelles de son mari depuis qu’il a embarqué pour une expéditions aux Amériques. Le croyant mort, elle s’apprête à se re-marier, pas spécialement par amour mais plutôt pour éviter la ruine et la honte. Cependant ses plans vont brusquement tomber à l’eau, l’entraînant dans une spirale infernale. En effet le mari en question semble toujours vivant, et a besoin de toute la fortune familiale. Ruinée, dépossédée de ses biens, la pauvre Lady Vivian a de quoi s’inquiéter pour le futur proche ! Elle va finalement décider de rejoindre son mari, faute de trouver meilleure solution. Il est supposé avoir découvert la légendaire cité interdite de Guyanacapac, dont les réserves en or s’annoncent colossales. Voilà qui aiderait grandement Mme Hasting…

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la dame a du caractère et ne renonce pas facilement. Elle va réussir à s’attirer l’empathie du docteur, et l’intérêt du vieux pirate.




Graphiquement, on alterne l’efficace et le splendide

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Mathieu Lauffray nous offre des couvertures splendides, et un intérieur efficace. Ne vous attendez pas à trouver des cases avec la même qualité graphique que celles des couvertures. En ce sens vous seriez déçu, surtout si vous passez après Requiem, Arawn ou encore La Licorne. Néanmoins, bien que les dessins soient plus « traditionnels » dans leur niveau de détail, ils sont tout de même de très bonne facture et d’une redoutable efficacité. Les visages sont expressifs, et c’est toujours un plaisir que de contempler et d’essayer d’analyser les expressions de Long John Silver. Au final après quelques pages on s’imprègne bien du récit et on s’aperçoit que les premières impressions de déceptions n’étaient en fait absolument pas justifiées. En effet ce coté « sketch » permet de faire passer tout un panel d’émotions, allant de la curiosité au frisson. De plus le choix des couleurs est excellent et l’ensemble contribue à donner une atmosphère lourde et intense au récit.
J’ajouterais que le second tome, dont l’action se déroule en mer, est encore plus réussi. On en arrive au point où parfois le « manque » de détails favorise en fait l’imaginaire, nous permettant de nous faire notre propre idée du déroulement d’une scène (je pense au duel à la fin du tome 2, jouissif).


Un bel hommage

On ne peut que remercier Xavier Dorison et Mathieu Lauffray d’un si bon travail sur cette suite de la plus culte des histoires de pirates. Le résultat est à la hauteur des attentes, on a là une œuvre qui a du potentiel, avec une histoire qui peut sembler « classique », (le sujet de la piraterie ayant été tellement décliné) mais pourvu de tous les éléments pour vous faire passer un grand moment d’aventure ! Enfin, pour ceux qui ont déjà lu L’Île au Trésor, on se demande comment Long John va « gérer » la situation cette fois, la donne étant dès le départ sensiblement différente. Réponse en mai 2010 avec la sortie du tome 3 !

Galerie


Interview de Mathieu Lauffray (octobre 2009)

Interview réalisée par Popi pour le site Resurrection the Evil's nest

Votre serviteur : Quand sortira le tome 3 de Long John Silver ?
Mathieu Lauffray : Il devrait être dispo autour de Mai 2010.
VS : L'île au Trésor a fait l'objet de nombreuses retranscriptions à l'écran. Avez-vous été contactés par des studios de production cinématographique ?
JF : Oui mais généralement pour nous dire que ce serait trop cher à développer et qu'ils seraient intéressés par d'autres projets !
VS : Quels furent tes choix pour le dessin ? Quelles techniques utilises-tu ?
JF : Sur ce projet je tenais à donner un aspect aussi organique que possible. Je voulais éviter de contrôler à l'excès le rendu car notre priorité est de traduire l'émotion du récit. Un graphisme trop clinique peut faciliter la lecture mais aussi passer sous silence une grande partie du spectre émotionnel. J'ai donc opté pour de l'encrage et de la mise en couleur selon les techniques traditionnelles, plume, pinceau et aquarelle. Pas d'ordinateur.
VS : J'ai pu lire que tu n'hésites pas à demander des modifications sur le scénario et à débattre avec Xavier Dorison. Est-ce à propos de la trame principale ou les actions / réactions des personnages ?
JF : Oui je crois que l'on parle même de co-écriture dans de cas de cette série. D'ailleurs je suis crédité comme co-scénariste. Je fais ce métier car j'aime faire les choses comme je pense qu'elles doivent être faites.
VS : Est-tu un boucanier dans l'âme ?
JF : Disons qu'avec le temps je me dis qu'on ne fait pas grand chose par hasard. Si j'ai choisi un métier où je n'ai à obéir à personne pour ne suivre que mes inspirations cela doit venir de quelque part. J'agis par idéal, j'aime emmerder les autres avec mes idéaux, je tente de vivre en les suivant et me révolte fréquemment en contemplant le monde qui m'entoure. Je vous laisse conclure.
VS : Qu'est-ce que ça fait de choisir l'arrêt de la collaboration sur une BD (c.f. Le Serment de l'Ambre) ?
JF : C'est un moment difficile. Pour moi le métier d'auteur de BD est l'un des plus complexe qui soit. On invente, on crée, on met en scène, on s'accapare le travail d'une équipe entière. Forcement le fait d'abandonner une série signifie que tout cela a été fait en pure perte. Dans le cas du Serment, je suis parti car je ne me retrouvais pas dans la volonté « second degré » que désirait lui donner le scénariste à l'origine du projet. Plutôt que de me lancer dans un bras de fer j'ai trouvé plus correct de le laisser poursuivre dans l'esprit qu'il souhaitait avec quelqu'un d'autre. Mais je le répète, ces décisions ne sont pas faciles car il s'agissait de renoncer à un tout un univers, toute une mythologie dans laquelle je m'étais bien investi.
VS : Tu viens de rendre officiel sur BDGest' la rachat de la série Prophet par Soleil. Comment s'est passée ton expérience chez Les Humanos ?
JF : Oui Prophet a été racheté. Ma relation avec les Humanos s'est faite autour de deux phénomènes. L'un lié à l'incroyable catalogue métal qui avait bercé mon adolescence, l'autre était la cordiale invitation de Sébastien Gnaedig que j'avais rencontré chez Delcourt. Ce dernier était alors devenu éditeur aux humanos et m'avait contacté. L'ensemble était tout à fait attrayant. Mais au fil du temps les équipes ont changé et il ne restait plus rien de la maison dans laquelle j'avais signé pourtant peu de temps auparavant. Cela me rappelle un conseil qu'un auteur m'avait alors donné : "on ne signe pas avec une personne mais avec une boite". Sur la durée, c'est tout à fait exact.
VS : Sur ton site on peut voir certains travaux pour un projet secret. Les sketchs sont impressionnants... Quelle est la technique employée pour obtenir un tel résultat ?
JF : Merci, je me suis mis récemment à la peinture numérique. Tout cela a été réalisé sur Photoshop dans un soucis de simplicité et de gain de temps mais soyons clair il ne s'agit que de bricolage. Le véritable travail se fait en manuel, sur toile ou sur papier.

projet secret
VS : Peux-tu nous en dire un peu plus sur ce projet secret ? Ce serait pour une bande dessinée ?
JF : Je prépare deux trois petite choses, en audio visuel certes, mais surtout en préparation de ma prochaine série de bande dessinée. Arrivant vers la fin de Long John Silver je me dois de d'anticiper la suite...
VS : Comment définiriez-vous Long John Silver ?
JF : Lon John est un orgueilleux. Il aime prouver des choses. La mythologie pirate lui permet de vivre selon ses valeurs et comme il l'entend. Il clame tant qu'il peut que l'idéal pirate est sa raison de vire mais à mon sens, il cherche surtout à montrer qu'il est le plus malin et qu'il voit mieux, plus loin et plus large que les autres. La société et les règles qui lui sont nécessaires lui apparaissent comme des freins intolérables qui nuisent à l'accomplissement de l'individu. C'est un anarchique qui croit plus en l'homme que dans les systèmes.
VS : Quels sont vos bandes dessinées « références » ?
JF : Little Nemo, Domu, La folle du sacré coeur, Les contes démoniaques d'Aristophane, Calvin et Hobbes et BDRP par Guy Davis.
VS : Vos coups de coeur du moment ?
JF : David Lynch et Popol Vuh.
VS : Pour finir, la question propre à Resurrection The Evil's Nest : connaissez-vous la BD Requiem Chevalier Vampire ? Si oui, pourriez-vous nous dire ce que vous en pensez ?
JF : Hélas non car je connais mal mais j'ai beaucoup de respect pour le travail de Ledroit.


Pour en savoir plus :
Long John Silver sur le site de Dargaud.
Treasure Island sur le site Librivox. (livre audio)
Le blog de Mathieu Lauffray (dessinateur)
Interview de Mathieu Lauffray sur scenario.com
Interview de Xavier Dorison sur scenario.com (scénariste)
Interview de Mathieu Lauffray par bdtheque.com
Page wikipédia sur Long John Silver
 
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